Sarkozy ne séduit que 12% des inscrits

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Sarkozy ne séduit que 12% des inscrits

Message  Andora le Mar 9 Juin - 15:53

Sarkozy ne séduit que 12% des inscrits



Quel succès ?





"Tout
indique le très bon résultat de la majorité présidentielle. C’est la
première fois depuis 1984 qu’un parti de la majorité présidentielle
arrive en tête à des élections européennes,
se réjouit le Premier ministre François Fillon. Ce
succès, c’est d’abord la reconnaissance du travail accompli par la
présidence française sous l’autorité du président de la République",
juge-t-il.

"Pour notre famille politique, c’est un succès. c’est la
première fois depuis 1979 que notre famille politique arrive en tête,
le paraphrase
Rachida Dati, numéro 2 de la liste UMP en Île de France. C’est le succès aussi du président de la République".

Dans la famille des perroquets, on demande le porte-parle du gouvernement, Luc Chatel : "C’est
la première fois depuis trente ans que les Français placent la majorité
présidentielle en tête dans des élections européennes. Contrairement à
ce qui a été évoqué pendant toute la campagne, il n’y a pas eu de vote
sanction. Le référendum anti-Sarkozy a échoué. Ce résultat nous engage
à changer d’Europe et nous donne davantage de responsabilité face à la
crise que nous traversons. Il traduit aussi, pour les Français, la
reconnaissance du travail effectué par le gouvernement
." Il
fallait avoir le triomphe modeste, paraît-il, instruction donnée
directement par l’Élysée. Au fait, que dit exactement le communiqué de
la présidence de la République elle-même ? "La majorité
présidentielle a remporté hier un succès. Les Français ont marqué leur
reconnaissance pour le travail accompli pendant la présidence française
de l’Union européenne et leur soutien aux efforts engagés par le
gouvernement pour sortir d’une crise mondiale sans précédent. Mais le
président de la République sait les attentes des Français. Ce succès
aux élections européennes commande d’aller plus loin. L’Europe doit
changer. Les réformes doivent continuer. Le président de la République
prendra dans les jours qui viennent des initiatives ouvrant de nouveaux
chantiers
".


La palme du pire triomphalisme revient au ministre des relations avec le parlement, Roger Karoutchi : "Les Français ont renouvelé leur confiance à Nicolas Sarkozy et au gouvernement. (...) Au
final, les Français plébiscitent la politique de réforme de Nicolas
Sarkozy et de François Fillon et la vision que le chef de l’Etat a
porté lors de sa présidence de l’Union européenne en 2008
".

Bon. L’UMP a obtenu le score de 28% et arrive en tête. Ses
représentants se réjouissent donc unanimement de ce succès et
s’engagent à persévérer. Mais dans quelle voie au juste ? Pour que
l’Europe change, affirment-ils, la main sur le cœur. À savoir qu’elle
soit plus protectrice, moins libérale. Et comment entendent-ils réussir ce prodige, interdit par le traité de Lisbonne
que leur chef a fait passer en fourbe, camouflant sous un fatras
illisible une resucée du Traité constitutionnel européen rejeté par le
référendum de 2005 ? Comment faire une Europe moins libérale alors que
ce texte grave dans le marbre la concurrence libre et non faussée,
l’obligation de l’unanimité pour toute harmonisation fiscale - avec
nécessairement le vote pour du Luxembourg par exemple ! -, la liberté
de circulation des capitaux ? "L’Europe doit changer. Les réformes doivent continuer",
ne craint pas de dire Sarkozy, affirmant le contraire dans la deuxième
phrase que ce que signifie la première. Parce qu’en quoi consistent
donc ces fameuses "réformes" qui doivent continuer ? En la
dérégulation, la diminution de la dépense publique, le démantèlement du
droit du travail, la politique des cadeaux aux riches : c’est ça, faire
changer l’Europe pour qu’elle soit plus protectrice ? Les Français
sont-ils donc si abrutis qu’ils puissent croire un discours aussi
absurde et hypocrite, au point d’accorder leurs suffrages au parti qui
cumule tous les mensonges, comme son secrétaire général Xavier Bertrand l’a pleinement illustré lors du débat de France 2 juste avant le vote ?

Mais au fait, en se vantant de sa victoire avec 28% des voix, l’UMP
(avec ses satellites du Nouveau centre) omet un léger détail : elle
était la seule formation à soutenir le Pouvoir. Combien réalisent donc
alors ses opposants ? C’est la réflexion menée par Jean-Luc Parodi, du
Centre de recherches de Sciences Po (Cevipof), interviewé par 20 minutes, qui s’étonne de "la manière dont l’UMP a
gagné la bataille de l’interprétation des résultats. Il est vrai que le
parti de la majorité envoie le plus d’élus au Parlement (30). Mais en
termes de suffrages, la gauche, toutes familles confondues, fait mieux
que la droite. Tout comme l’anti-sarkozysme (la gauche, le
MoDem et dans une certaine mesure le FN),
qui totalise près de 60% quand le parti du Président ne recueille que
28% des suffrages. Un chiffre assez proche, d’ailleurs, de la cote de
popularité de Nicolas Sarkozy. Cette élection n’est pas un succès pour
le Président
."

Elle
l’est d’autant moins que ce scrutin est caractérisé par une abstention
historique de 60% ! Si bien que lorsque Karoutchi ose affirmer que "les Français plébiscitent la politique de réforme de Nicolas Sarkozy et de François Fillon",
il ne parle en fait que de 28% des 40% qui sont allés voter. Le Pouvoir
n’a donc finalement séduit que 12% des inscrits. Quel indéniable
succès !
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Andora
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