La décroissance

Aller en bas

La décroissance

Message  Andora le Mar 17 Mar - 4:00

La décroissance peut se traduire dans sa vie personnelle par le choix de la simplicité volontaire. Une démarche individuelle qui entraîne des actions collectives.

Devant les problèmes qui affectent notre planète, la décroissance n’est pas une option parmi d’autres, elle est nécessaire. A l’évidence, nous ne pouvons imposer à une planète fermée et limitée, la Terre, une croissance illimitée.

En effet, une telle croissance repose sur une utilisation toujours plus grande des ressources de la planète et elle engendre des déchets toujours plus abondants ; or déjà nous dépassons la capacité de production de la Terre ; nous consommons le capital terrestre au lieu de nous contenter de ses fruits ; ainsi que la capacité de la planète de disposer de ces multiples substances chimiques dues à l’invention humaine, mais pour lesquelles la nature ne dispose pas de mécanismes suffisants pour arriver à les métaboliser. Résultat : l’équilibre de la planète telle que nous la connaissons et telle que nous en avons besoin pour notre survie se trouve menacé à très court terme.

Vingt ans, cinquante ans, cent ans avant que les désastres ne frappent ? La plupart des gens voient cela comme très loin, alors qu’ils sont déjà directement ou indirectement touchés dans leur vie ; et puis, que sont ces quelques années dans l’histoire de la Terre, qui date de milliards d’années, ou dans l’histoire de l’humanité, qui se compte en centaines de milliers d’années ? Ramenée à l’échelle d’une vie humaine, l’histoire de l’humanité vit peut-être ses dernières secondes. Et que fait-on devant cette perspective ? Ceux qui peuvent se le permettre consomment de plus en plus, ceux qui ne le peuvent pas aspirent à y arriver au plus tôt. Et nos gouvernements poussent la machine à pleine capacité : « Il faut maintenir une croissance continue pour parvenir à créer des emplois et supporter une augmentation constante de la consommation. »

La décroissance choisie ou imposée

En fait, nous nous trouvons à une croisée de chemins. Pour celles et ceux qui ont conservé une certaine lucidité, il est clair que nous atteindrons bientôt des limites infranchissables dans notre utilisation des ressources de la planète. La croyance dans les pouvoirs de la science et de la technologie de reculer indéfiniment les limites de la consommation n’est qu’un mythe dangereux. Les limites sont à nos portes et leurs conséquences bientôt inévitables ; la seule incertitude qui demeure se trouve dans l’ordre de leur apparition. Verrons-nous nos enfants se mettre à engendrer des monstres à cause de toutes ces substances mutagènes qu’ils absorbent quotidiennement dans l’air qu’ils respirent, l’eau qu’ils boivent et la nourriture qu’ils ingèrent ? A moins qu’ils ne se retrouvent tout simplement stériles ; la baisse de production des spermatozoïdes est déjà bien amorcée dans tout le monde industrialisé... Les changements climatiques transformeront-ils nos pays en déserts ou en marécages ? La nature envahie par des organismes génétiquement modifiés sabordera-t-elle les cultures séculaires qui assurent l’essentiel de notre approvisionnement en nourriture ? Les populations du tiers monde de mieux en mieux informées de leur appauvrissement croissant décideront-elles de se faire justice ?

Certes, si rien n’est fait, et rapidement, viendra le moment où il sera péremptoire d’agir. Devant les catastrophes, les gouvernements n’auront pas le choix. Mais vers quel type de société nous acheminerons-nous alors ? Des sociétés autoritaires où l’on imposera des mesures restrictives à la majorité ; mais décidées d’en haut, on peut être sûr que ces mesures épargneront les puissants. La société inégalitaire risque de devenir encore plus mal foutue, avec des privilèges encore plus grands pour une minorité.

Heureusement, au Nord comme au Sud, des femmes et des hommes ont compris que globalement, nous faisions fausse route, que la voie de la mondialisation qu’on nous présente comme désirable et inéluctable nous mène directement à la catastrophe. Ils ont aussi compris qu’il n’y a plus rien à attendre de nos gouvernements compromis et asservis au pouvoir de l’argent. Nos soi-disant démocraties occidentales n’ont rien de démocratique. Quand nous a-t-on consultés avant d’envoyer nos soldats bombarder l’Irak ou le Kosovo ? Avant de laisser les aliments issus d’organismes génétiquement modifiés envahir les tablettes de nos épiceries ? Avant de changer les règles de l’assurance-chômage ? Avant de brader notre système de transport par rail ? En fait, avant de prendre toutes ces décisions qui touchent directement nos vies ? Ceux qui décident à notre place sont achetés par la classe des capitalistes internationaux. Et la population accepte la situation parce qu’elle s’est laissée subvertir par la puissante machine idéologique du capitalisme, avec ses médias, ses vedettes qui nous entraînent dans leur sillage, les amusements qu’elle dispense, le crédit qu’elle rend accessible, la consommation qu’elle permet.

Le plus grand danger qui nous menace actuellement est la passivité. On nous présente la mondialisation comme une tendance inévitable, on nous dit qu’après l’échec du socialisme, le capitalisme et son leitmotiv de la primauté du marché demeure l’unique voie possible. Rien de cela n’est vrai. Sans connaître toutes les solutions aux problèmes sociaux et environnementaux auxquels nous sommes confrontés, sans avoir une vision précise de ce que serait la société idéale, il y a certainement d’autres voies d’action qui permettraient de progresser vers une écosociété, une société où les humains vivraient en harmonie entre eux et avec la nature. En somme, il s’agit d’abolir la soumission à l’économie pour nous donner une société qui favorise le bien-être complet de tous ses membres.

Comment opérer ces changements ? Je n’ai pas la prétention de connaître LA stratégie à adopter pour nous amener à cette société que je trouve désirable ; où toutes et tous puissent vivre convenablement, dans des communautés solidaires et en sachant que leurs enfants pourront aussi vivre plus tard. Mais ma longue expérience de militantisme, mes nombreuses lectures et mes longues heures de réflexion m’ont amené à la stratégie suivante. Je crois que pour le moment il faut engager des actions portant sur trois fronts, qui sont d’ailleurs intimement liés :

1) Se libérer du système : à chacun de prendre des moyens de se sortir de la chaîne surconsommation-nécessité de gagner beaucoup d’argent-stress et fatigue-passivité. La simplicité volontaire est une voie qui permet de retrouver du temps pour vivre et pour agir.

2 ) S’unir pour faire plus avec moins : en développant nos communautés locales, on se donne des services qui permettent de vivre mieux à moindre coût et qui répondent davantage à l’intégralité des besoins [1].

3) Se donner des organisations nationales et internationales efficaces qui nous permettent de faire entendre nos voix haut et fort pour empêcher nos gouvernements de poursuivre dans la voie néolibérale. Ne nous faisons pas d’illusions, le capitalisme ne cèdera pas facilement la place. Au pouvoir de l’argent, nous devons opposer les pouvoirs du nombre, de l’imagination et de la ténacité.

Je n’ai pas l’intention ici de développer les deux dernières actions ; mais je ne voudrais pas qu’on croie que c’est parce que je les juge moins importantes.
avatar
Andora
Admin

Féminin Nombre de messages : 137
Age : 31
Localisation : Liège
Date d'inscription : 16/03/2009

Voir le profil de l'utilisateur http://liegeentransition.1fr1.net

Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum